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Réforme du Code de la route 2016 : Toute la vérité sur le naufrage et ses conséquences pour les candidats


L'examen du Code de la route est réformé depuis le lundi 2 mai 2016, beaucoup plus de questions, de la vidéo, un programme étendu avec de nouveaux thèmes. A la sortie des salles d'examen, catastrophe, les taux de réussite sont à des niveaux incroyablement bas, moins de 20 % (entre 13 et 17 selon les départements), alors que normalement l'examen connaît un taux de réussite de 70 %. Pour les candidats, les conséquences sont importantes, car l'examen déjà denrée rare vas encore se raréfier et ce pile, avant la période de passage des permis.


Si la réforme de l'examen du code connaît déjà des problèmes, la réalité de l'étendue des dégâts est largement sous-évaluée, des candidats théoriquement prêts sont recalés avec 13 ou 14 fautes. À la sortie des salles d'examen, la colère gronde et les problèmes sont nombreux et pas seulement sur la méconnaissance de certains nouveaux sujets, mais sur la qualité des vidéos et de la voix off qui est parfois juste inaudible. Justement "en off", certains inspecteurs ayant déjà surveillés le nouvel examen du code avouent ne pas comprendre parfois les nouvelles questions, jugées souvent confuses ; un comble qui en dit long sur la réalité du nouvel examen du Code de la route. La gronde est donc aussi au niveau des inspecteurs visiblement dupés entre ce qui avait été dévoilé en amont et la réalité.

Que faire pour réussir son code en mai 2016

Pour les candidats mais aussi pour les auto-écoles, le guide de survie pour passer le nouvel examen du code est simple, il faut travailler les nouveaux thèmes et admettre que l'examen est bien plus difficile qu'auparavant. Si jusqu'à maintenant, 7 ou 8 fautes à l'auto-école permettaient peut-être d'envisager la réussite à l'épreuve jugée facile, la fête est finie, désormais il faut tabler sur 2 fautes avant de tenter le passage de l'examen. Nous connaîtrons sans doute des jours meilleurs car dans le même temps et face à la catastrophe, la DSCR bidouille déjà son bazar en éliminant les questions « à la con » de sa toute nouvelle base (dès le 10 mai dans le communiqué de presse). En bref, après avoir annoncé le chiffre de mille questions, la data-base pourrait rapidement revenir vers les 700, exactement comme avant...

Les nouveaux thèmes sont donc à travailler en priorité :

Les premiers secours
Les notions diverses
La mécanique et les équipements
La sécurité du passager et du véhicule
Prendre et quitter son véhicule
L'environnement
Le conducteur
La route


La pratique de l'interfile est aussi au programme et la question revient régulièrement dans le nouvel examen.
 

Les raisons du fiasco et ses conséquences pour les candidats

Si une période de mise en place est logiquement nécessaire pour réformer un examen, il est pour le moins étonnant d'avoir choisi la date du 2 mai, au moment même du début d'affluence en masse dans les centres d'examen, la réforme sur les permis moto de 2013 était par exemple intervenue en janvier. Il semble bien que l'empressement à mettre en place cette réforme du Code ait également pris de court les éditeurs pédagogiques et notamment ceux n'ayant pas remporté ce marché public. Seul Ediser fournissant le Ministère de l'Intérieur pour les questions officielles. Du coup, faute d'équipement ou proposée tardivement, les auto-écoles ne sont pas toutes équipées des outils permettant les apprentissages pour le nouvel examen, l'investissement restant accessible (moins de 500 euros).

Mécaniquement, avec l'examen du Code en échec, tout le système fragile des examens du permis de conduire est menacé et en premier lieu celui des examens de la conduite pour le permis B, mais également ceux de la moto et du poids lourd. Dans les prochains mois et en réalité jusqu'à l'automne, les inspecteurs vont donc être mobilisés en masse sur cette épreuve en première présentation, mais aussi pour repasser le code, ça tombe mal. De plus, dans un deuxième temps, cet examen devrait se privatiser et devenir payant (30 €).
Combien d'élèves bloqués dans leurs apprentissages, il est trop tôt pour le dire, mais la saison 2016 a déjà du plomb dans l'aile.

Rendre publique et non secrète la base de questions ?

La communication de crise du Ministère de l'Intérieur a beau se vouloir rassurante et assurer que le nouvel examen n'est pas plus difficile, les dégâts sont déjà faits. Une nouvelle fois le système français du permis est en défaut et montre sa complexité. La réforme est bâclée aussi bien au niveau de l'administration que de ses fournisseurs et acteurs privés et avant de parler des étranges conflits d’intérêts entre les deux. Les candidats au permis et les jeunes sont néanmoins encore les victimes de ce naufrage, mais aussi les auto-écoles qui perdent leurs places d'examen avec ses mauvais résultats. Du coup, l'idée de rendre public l'intégralité de la base de données des questions officielles refait surface avec force et arguments, comme c'est déjà le cas dans de nombreux pays européens ou pas, d'ailleurs. Imaginez les QCM de préparation avec exactement les mêmes questions, les mêmes photos, les mêmes formulations que le jour de l'examen. Ce principe serait néanmoins particulièrement perdant pour les éditeurs de supports pédagogiques.

Jeudi 12 Mai 2016
Christophe Harmand



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